mercredi 13 janvier 2016

PILGRIMWEN - Pour Ma Part, Personnellement, Dans Mon Cas, Moi, Je (ou L'art De Chroniquer...) [Essai FP#17]

[Derrière ce titre pompeux, un brin ridicule je vous l'accorde, se cache mon approche de la chronique (et donc, fatalement, celle-ci diffère de la vôtre). Je pense que cet écrit sera augmenté, dans un avenir proche. Ne soyez donc pas surpris de noter de légères modifications par la suite. Ces dernières seront d'ailleurs signalées.]

Pour Ma Part, Personnellement, Dans Mon Cas, Moi, Je (ou L'art De Chroniquer...)

L'objectivité : l'ineptie première

Exercice à la fois plaisant et contraignant, la chronique se voulait, se veut et se voudra l'avis d'un individu. Rien de plus, rien de moins. Ne cherchez pas la vérité absolue derrière les paroles d'un rédacteur. L'objectivité est illusoire, la subjectivité réalité. Celle ou celui qui se targue d'être objectif n'est qu'un menteur. Dès l'instant de chroniquer, vous devez admettre que votre écrit fera appel à vos connaissances, vos expériences du quotidien et votre ressenti. Pour rappel, l'objectivité se définit ainsi : « se dit d'une description de la réalité (ou d'un jugement sur elle) indépendante des intérêts, des goûts, des préjugés de celui qui la fait » - dictionnaire LeRobert (édition 2000). Donc, vous n'êtes malheureusement pas objectifs. Ce que vous entendez fréquemment par objectivité, c'est l'impartialité, l'intégrité voire la sincérité. Et, en cela, je suis d'accord. Le chroniqueur ne doit en aucun cas s'éloigner de ces principes. Dans le cas contraire, le lecteur doutera – légitimement - de votre intégrité.

La règle des trois C

Je n'ai pas la prétention d'établir une règle universelle quant à l'élaboration d'une chronique. Il existe de multiples manières d'aborder l'écriture d'une critique. La mienne en fait partie. Inconsciemment, j'ai longtemps pratiqué la règle des trois C.

La règle des trois C, késako ?!? Il ne s'agit ni plus, ni moins que de trois variables appliquées à la construction d'une chronique : Contexte, Contenu (de l’œuvre critiquée) et Conseil (du rédacteur, vis-à-vis de l’œuvre critiquée). Généralement, j'évoque d'abord le contexte, puis décortique le contenu et enfin je donne le conseil.

La comparaison, le C/parallèle de trop ?

Comparer une œuvre à une autre s'avère d'une part risquer, d'autre part réducteur. Dans le premier cas, vous risquez de vous planter dans votre parallèle entre l’œuvre étudiée et une autre, si vous ne maîtrisez pas un minimum le sujet. Dans le second cas, vous insinuez (in)volontairement que l’œuvre n'est qu'un énième ersatz. Je pense qu'un créateur, peu importent ses influences, délivre une œuvre unique et donc originale. Bien entendu, aujourd'hui grâce à internet, peu de créations nous semblent véritablement originales, dans le sens où elles ne nous sortent pas d'un quotidien ordinaire.

Bannissons fortement le « on »

Oui, bannissons fortement le pronom personnel « on ». D'ailleurs, j'ai entendu très jeune la maxime suivante : « on, pronom imbécile qui qualifie celle ou celui qui l'emploie ». Malheureusement, sachant que « nous sommes toutes et tous l'imbécile d'autrui » (une magnifique autre maxime, n'est-ce pas ?), n'ayant pas peur d'employer « on », néanmoins avec une très grande modération.

En œuvrant au sein du webzine Metal Integral (fruit de l'association - loi 1901 - Planète Music), j'ai appris à n'user du pronom imbécile qu'en de très rares occasions. Il m'a vivement été suggéré de m'adresser au lectorat par « je » ou « nous ». J'affectionne tout particulièrement « nous » qui induit la participation du lectorat. Par « nous », vous invitez votre lectorat à voyager en votre compagnie. Quant à « je », c'est une manière de confirmer qu'il s'agit bien de votre avis, non celui du voisin ou encore d'une vérité absolue.

Privilégions donc « je » ou « nous » et réduisons « on » à l’occasionnel.

Concours de la plus grosse…

Ba ouai !, il n'y a pas que les garçons à concourir pour la plus grosse… Dans l'inconscient de certain(e)s, la longueur d'un écrit est proportionnelle à la qualité de ce dernier. C'est purement scolaire comme discours et état d'esprit. Être dithyrambique ne vous apporte guère les faveurs du lectorat. Au contraire, vous avez tendance à faire fuir celui-ci.

Une autre pseudo-certitude, c'est l'emploi d'un vocabulaire riche mais… parfois mal maîtrisé ! N'oubliez pas qu'un vocabulaire mal maîtrisé sous-entend (parfois ? souvent ?) une volonté d'en mettre plein la vue au lectorat. Lectorat qui n'est guère dupe et se rend donc compte de la mascarade.

La notation : l'ineptie seconde

La notation, l'indicateur suprême pour majorité de lectrices et lecteurs ! Quelle connerie ! La notation n'est guère fiable. La notation est une aberration, un dérivé de notre tendre scolarité. Noter, c'est introduire une forme de compétition : a) entre œuvres d'une même créateur b) entre œuvres de créateurs distincts c) etc.

Se focaliser sur la notation, c'est omettre (in)consciemment la majeure partie du travail fourni par le chroniqueur. Ce qui n'est guère flatteur, en définitive.

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